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Tendances

Ô la belle affaire !

Publié par Youcef Merahi
le 05.02.2020 , 11h00
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Sincèrement, je n’ai plus le cœur à aller à mon café préféré, pour siroter un thé maison et se tailler une discussion avec des potes s’accrochant à quelques illusions, autant que moi. J’ai préféré, dans la solitude de ma tire, faire ma revue de presse. Et me mettre, sous la dent, des infos du pays. D’ailleurs, aussi ! Tant qu’à faire, autant faire le tour du monde. C’est sans visa. Sans la phobie de l’avion qui noue mes tripes. Puis, un journal, ce n’est pas cher payé. Puis, on peut commenter, sans avoir un contradicteur. Puis, se porter à soi-même la contradiction, ça soulage du quotidien. Et des bavettes inutiles. Parfois, il faut savoir s’imposer le silence. Je ne vais pas vous rappeler le proverbe archi-connu. 
Le ministre de l’Intérieur a demandé aux walis et aux élus d’aller de l’avant. C’est bien d’encourager les acteurs de son secteur. Puis, il leur demande de foncer dans la dépense. C’est ce que j’ai retenu de ses déclarations. J’espère ne pas me tromper. Foncer dans la dépense, car il n’y a pas de problème de sous. Je préfère utiliser ce vocable. J’étais hilare, au début. Je me suis dit : « Où est cet argent ? » Le pétrole ne rapporte presque rien. Enfin, ce n’est plus l’embellie d’il y a quelques années. Je m’attendais à ce que l’argentier du pays lui apporte la contradiction, dès le lendemain. S’il y a de l’argent, c’est tant mieux pour nos collectivités. Surtout quand je vois l’état de nos villes, de nos routes, de nos écoles. Et j’en passe ! Mais est-ce vrai ? Quelle est la réalité des choses ? Puis, je vois qu’une « assistance financière de 150 millions de dollars » est fournie à la Tunisie. Pour le moment, je n’ai rien dit. Je ne fais que constater. D’un autre côté, les élus kabyles se plaignent de « l’avarice » de l’Etat. Il y a comme quelque chose qui m’échappe. Si on a des sous, le ministre de l’Intérieur a le devoir de le souligner. Et de passer aux actes. Si on n’en a pas, pourquoi alors « placer » cette somme en Tunisie ? 
Ah, il faut que je vous parle d’un problème. En été, il y a les piqûres de scorpions. Comme une fatalité, des Algériens meurent du fait de cette bestiole. En hiver, des Algériens meurent du fait de l’inhalation de monoxyde de carbone. Des gaz brûlés, en fait. Encore heureux qu’au printemps, on ne meurt pas de trop de verdure. Ouf, on est sauvé ! Dites donc, qu’est-ce qu’ils ont tous ces chauffages (à la noix) qui pètent de partout ? Ils sont de quelle nationalité, ces fichus chauffages ? S’ils sont algériens, la solution est simple : il faut contrôler le produit fini. Contrôler, c’est contrôler ! Ce n’est pas faire de la complaisance sociale. S’ils sont étrangers (de Chine ou d’ailleurs), c’est encore plus simple : il faut tout simplement suspendre l’importation de ces bombes à retardement. Est-ce que notre pays dispose de moyens de contrôle adéquats ? Je ne le pense pas. Puisqu’il y a encore des victimes de ces chauffages pourris. J’espère que, d’ici l’été à venir, temps des grosses chaleurs, temps béni pour les scorpions d’aller faire leurs victimes, les pouvoirs publics auront trouvé la parade. A Dieu ne plaise que le coronavirus ne pointe son bout de nez chez nous ! On serait mal barré ! C’est comme je vous le dis. 
Le président du Sénat, par intérim, s’accroche à son fauteuil. Que voulez-vous que je vous dise ? Il a raison. Pas vraiment ! Le Sénat, c’est le conseil des sages. Dans ce cas d’espèce, je ne la vois pas, cette sagesse. Si, bien sûr, on met de côté les règlements. Intérimaire veut dire «  provisoirement ». Une fois la situation d’intérim dépassée, on revient à la normale. Le Sénat n’est pas un jouet. C’est sérieux, un Sénat. Je ne vous cache pas que j’ai pensé, en mon for intérieur, que les sénateurs allaient rééditer le coup du cadenas et de la chaîne. Ça aurait calmé beaucoup de monde. Moi, ça m’aurait fait marrer. Je le dis franchement. Sans détour. Vous vous rappelez comment l’APN a été cadenassée par des élus «costarisés», payés royalement. Quelque part, le Hirak a réussi son année de marche. Les sénateurs, quelque part, ont peur de la réaction des hirakistes. On n’ose plus se laisser aller, désormais. Chacun surveille ses faits et gestes. Et ses dires. Les réseaux sociaux sont devenus une arme absolue. Wallah qu’on n’est pas sorti de l’auberge ! Wallah qu’il faut réinventer l’Algérie !
Il me faut parler du Hirak, c’est obligatoire. Ce mouvement est près de fêter son premier anniversaire. Douze mois de marche ! Le pavé en a vu des semelles s’user ! L’usine de fabrication de slogans n’a jamais autant travaillé. Des chants ont été détournés. Des chants ont été écrits. Pour faire connaître le message du Hirak. Pour que le pouvoir puisse l’entendre. Sauf que j’ai la désagréable impression que ça ne gêne, en aucune manière, le pouvoir. Allez, on met à la disposition du Hirak deux jours, où ça défoule grave. On chante. On marche. On fait des selfies. On brandit le drapeau algérien. Et amazigh (attention à la case prison, c’est comme au Monopoly). On inonde les réseaux sociaux de prises de vues. De vidéos. Et alors ? Prenez vos deux jours, et basta ! Le reste, le pouvoir s’en occupe. Y a-t-il une union dans le Hirak ?  Combien d’idéologies traversent le Hirak ? Y a-t-il des porte-parole du Hirak ? Tout le monde parle. Tout le monde se tait. Tout le monde écoute. Le Hirak doit clarifier les choses. Il faut qu’il se transforme en force de changement, même si, quelque part, il l’est, par principe. Faut-il reformuler le Hirak ? Le Hirak doit s’arrêter, un moment, pour faire le point. Le point de la situation nationale. Sa propre situation. Il faut impérativement dresser un bilan. 
Je ne sais pas si je dois parler de l’Eniem qui risque de mettre la clé sous le paillasson. Pour Condor, c’est déjà fait, si l’on croit les dernières infos. Pour le montage des voitures, la remise en cause est totale. Si j’ai bien compris, l’Eniem a reçu une enveloppe. Juste pour respirer. Juste pour souffler. Est-ce pour autant que le problème est réglé ? Cette perfusion suffira-t-elle à réanimer cette entreprise ? Je n’ai pas toutes les données pour proposer une réponse. Il faut, à mon sens, faire un check-up de l’Eniem, de sorte à entrevoir l’avenir sous de meilleurs auspices. Une entreprise ne peut être perfusée indéfiniment. Une entreprise qui ne crée pas de richesses est vouée à la disparition. C’est la loi du marché ! 
Y. M.

 

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