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Le président de la confédération des industriels et producteurs : «Il faut adapter la réglementation à l’exportation»

Publié par Massiva Zehraoui
le 10.06.2021 , 11h00
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Le patronat algérien se montre très optimiste quant à la conquête du marché libyen par les entreprises algériennes. Si en théorie, ce dessein peut paraître facilement réalisable, qu’en-est-il de sa matérialisation sur le terrain au vu des multiples contraintes qui impactent négativement le volume d’échanges commerciaux entre les deux parties ?
Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - Le président de la Confédération des industriels et producteurs algériens (Cipa) Abdelwahab Ziani, qui a animé hier mercredi, une conférence portant sur la question, assure que l’Algérie est parfaitement en mesure d’approvisionner le marché libyen en divers produits.
Partant des échanges qui ont lieu entre les représentants des deux pays, lors du forum algéro-libyen, Abdelwahab Ziani affirme que nous avons du potentiel pour exporter les marchandises en Libye, et répandre le besoin accru de ce pays en termes de matériaux de construction, de produits agroalimentaires, ou encore de produits pharmaceutiques et para- pharmaceutiques.
Il tient à préciser que plus de 2 000 marchandises algériennes sont demandées par les Libyens. Si le Premier ministre libyen a déclaré que le volume des échanges entre nos deux pays induirait une rentabilité qui se chiffre à 3 milliards de dollars, Abdelwahab Ziani a soutenu que cette somme pourrait atteindre facilement les cinq milliards de DA, voire plus.
Toutefois, il est impératif que toutes les contraintes soient levées. La réouverture du poste frontalier terrestre Debdeb-Ghadamès constitue la première étape en vue «d’encourager le flux d'investissements directs mutuels», selon lui.
Abdelwahab Ziani s’est dit, dans ce sens, ne pas être inquiété par la concurrence, sachant que le marché libyen comme d’autres marchés africains a toujours été approvisionné par l’Algérie, mais par le biais de la Tunisie et de l’Europe… «Ce qu’il faut savoir, c’est qu’aujourd’hui, l’intermédiaire coûte beaucoup trop cher aux Libyens», fait-il remarquer. Évoquant le flux commercial entre nos deux pays, le président de la Cipa souligne qu’il «est dominé par l’informel», et que les sommes engendrées par les fuites de nos produits devraient être réintégrées dans le circuit formel.
«Je plaide pour la diminution de la fiscalité afin d’exporter aisément et permettre aux gens du marché parallèle d’intégrer le circuit réel.» En revanche, il a mis en exergue la nécessité d’adapter la réglementation à l’exportation. II relève à ce titre que la Banque d’Algérie a déjà commencé à adopter certaines mesures dérogatoires, en insistant sur l’utilité de celles-ci si elles deviennent permanentes, et par conséquent, permettront de faciliter le travail des opérateurs économiques des deux pays. Abdelwahab Ziani souligne qu’il est impossible de rendre ce partenariat fructueux si l’Algérie continue à s’appuyer sur l’ancienne réglementation.
L’appel à l’investissement des Libyens aux Algériens est une occasion qu’on ne doit pas laisser échapper, si l’on veut booster notre économie locale, considère le patron de la Cipa. Pour donner une idée sur cette opportunité qui s’offre aux entreprises algériennes du secteur public et privé, ce dernier signale que dans le domaine de la construction par exemple, la Libye a cruellement besoin de reconstruire ses villes. «D’ailleurs, les Libyens comptent lancer un méga-projet de construction, et nous comptons avoir notre part du marché», a-t-il déclaré. Il ajoute qu’«il y a une forte demande de la part des voisins libyens en matière de machinisme et produits agricoles».
Abdelwahab Ziani a également affiché l’ambition du patronat algérien d’aller à la conquête d’autres marchés africain à l’image du Sénégal, du Tchad, ainsi que du Nigeria. Encore faut-il pour ce faire, que l’État accepte par exemple, «d’externaliser les entreprises productives et qui peuvent faire rentrer des devises au pays».
M. Z.

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