Rubrique
Constances

Toutes les larmes sont de crocodile ?

Publié par Slimane Laouari
le 19.02.2020 , 11h00
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De ces deux possibilités, ça va être bien compliqué de savoir laquelle est la plus grave. Si les walis et les membres du gouvernement ignoraient la réalité contenue dans le documentaire qu’ils venaient de voir dans cette salle du Palais des Nations, où ils étaient réunis autour du chef de l’Etat, c’est qu’ils n’ont aucune idée de la situation du pays où ils exercent pourtant de hautes responsabilités publiques. Des responsabilités régionales qui plus est, pour une partie d’entre eux. Pour ces hauts fonctionnaires de l’Etat, être dans un rôle attentif et permanent avec le « pays profond », c’est plus qu’une mission, ça aurait pu être une vocation. Ce pays profond est brandi cycliquement pour dire au « reste du monde »… d’Algérie, qu’il incarne la patience et la lucidité qui le rangent forcément de son côté parce qu’il aurait des préoccupations plus terre à terre et donc forcément plus vertueuses, loin de l’agitation « urbaine » aux prétentions irréalistes formulées en plus dans le confort des privilégiés. Si on concédait ce postulat, même s’il est un peu trop facile et péremptoire, que les Algériens les plus socialement défavorisés sont ceux de l’« intérieur » du pays, on devrait donc en conclure que nos walis et nos chefs de daïra, ne parlons même pas des ministres, sont mieux informés sur les difficultés, voire la misère de ces Algériens dont on nous dit à l’occasion qu’ils sont les oubliés de Dieu et de ses hommes. Car, ce sont justement ces espaces et leurs habitants, emblématiques d’une existence dans des conditions infrahumaines que relate le documentaire montré aux… chefs de daïra, aux walis, aux ministres et au Premier ministre ! S’il est destiné à quelqu’un d’autre, cela veut dire que les autorités, elles, savent mais font semblant de ne pas savoir, les… larmes de ceux qui semblent découvrir l’horreur faisant foi. Bien sûr, dans un cas comme dans un autre, on ne peut dénier à quiconque un accès d’humanité sensible. Le problème est qu’en l’occurrence, ce n’est pas vraiment ce qu’attendent les Algériens, ceux du pays profond comme ceux de la « Cité ». Et pour tout dire, dans leur tête, tous les pleurs sont des… larmes de crocodile ! Concédons également que les Algériens du « pays profond » soient dans la stricte revendication de conditions de vie décentes, voire moins pénibles. Au cas où ils ne le sauraient pas, ce qui serait vraiment étonnant, elles ne peuvent venir que d’un changement de rupture que le peuple des… privilégiés revendique depuis une année, maintenant. Cela également, c’est de… l’intérieur et c’est aussi profond.
S. L.

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