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ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE : J-50 Le bout du tunnel ?

Publié par Zineddine Sekfali
le 22.10.2019 , 11h00
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Photo : Samir Sid
Par Zineddine Sekfali
Sauf survenance d’un énième putsch que certains nostalgiques s’empresseront de baptiser intifadha , soit le déclenchement d’une insurrection populaire générale que d’aucuns qualifieront de « révolution » par référence à celle de 1954, soit enfin la survenance d’un cataclysme biblique dans lequel les croyants verront, avec la foi du charbonnier, un châtiment divin, l’élection présidentielle aura bien lieu dans moins de 50 jours, comme prévu.
Les Algériens dans leur ensemble savent que l’ancien régime est fini. L’élection prochaine actera le décès d’un régime pourri dont les plus forts soutiens sont d’ores et déjà hors d’état de nuire puisque embastillés sous bonne garde, dans les pénitenciers d’El-Harrach, de Koléa et de Blida, notamment. On peut s’attendre à ce que les tribunaux devant lesquels ils comparaîtront, les punissent avec la rigueur qu’il convient, et se persuader que les juges et procureurs feront rendre gorge aux corrompus et prédateurs, de tous les biens qu’ils ont pris ou acquis illicitement. Rappelons que dans notre pays, les procureurs requièrent l’application de la loi au nom de la société, et que les jugements et arrêts sont rendus au nom du peuple. Ce peuple au nom duquel donc la justice va être rendue, veillera avec la plus grande vigilance à ce que dans ces affaires-là en particulier, la justice passe sans faiblesse ni complaisance. Malgré les prophéties catastrophiques de quelques politiciens qui s’évertuent pitoyablement à enfourcher le Hirak et se placer dans la course au pouvoir, malgré aussi les minables manœuvres de quelques aventuriers, cette élection présidentielle, tant espérée par les citoyens, sera pour la première fois dans notre pays, réellement libre, pluraliste, transparente et honnête. Ce sera, de plus, un évènement historique, dans la mesure où elle actera l’avènement de la démocratie en Algérie. Assez donc de tergiversations, d’entraves, de faux fuyants, de propositions in extremis, de contre-propositions de dernière minute, de conciliabules en petits groupes mais sous les caméras de la TV, de pétitions, de proclamations...
Le blocage du processus électoral ne profite, tout compte fait, qu’aux attentistes dépités et aux gens de l’ancien régime qui ont des revanches à prendre. Il ne réjouit que leurs affidés et leurs ex-serviteurs qui espèrent récupérer des retombées, quand, de retour au pouvoir par la ruse ou la force des baïonnettes, leurs maîtres procéderont au partage de la « ghanima » et à une nouvelle redistribution de la rente ! Soyez cohérents avec vous-mêmes ! Dès lors, en effet, que le peuple ne cesse de revendiquer le respect des articles 6,7 et 8 de la Constitution, laissez-le exercer son droit imprescriptible et inaliénable à choisir lui-même son Président. Ne lui imposez personne ! Il convient d’enterrer au plus vite avec le défunt régime la fâcheuse pratique du parrainage et du tutorat.
L’ANP, en ce qui la concerne, s’est engagée à ne pas présenter de candidat issu de ses rangs, ni de parrainer qui que ce soit. Au demeurant, elle vient d’interdire, par voie législative, aux officiers supérieurs admis à la retraite de se porter candidats aux élections, durant cinq ans à compter de la date de cessation de leurs fonctions militaires. Mais attention ! Gardons-nous de remplacer la pratique détestable et unanimement dénoncée du parrainage militaire par une sorte de tutorat civil et clanique exercé par des oligarques, des ploutocrates, des apparatchiks à la retraite ou encore par des sages autoproclamés ! Méfions-nous, en effet, de ceux qui, assis tranquillement chez eux, attendent avec impatience que l’armée ou à la limite le Hirak, ou, mieux encore, que le Hirak et l’armée, les adoubent et viennent les porter en triomphe à la présidence de la République ! Il est impératif et urgent d’aller aux urnes.
Les raisons du recours aux urnes dans les délais les plus courts sont multiples. D’abord, il n’est plus possible d’accepter la triste situation politique dans laquelle le pays est plongé depuis au moins trois ans et, pour être précis, depuis que le pouvoir a été subtilisé et confisqué par une oligarchie mafieuse, sans foi ni loi. Ensuite, parce qu’il devient insupportable aux citoyens les plus sincères d’assister impuissants au déclin de leur pays et à sa faillite. Il devient, en outre, franchement agaçant pour beaucoup d’entre eux d’entendre des irresponsables appeler publiquement et impunément les Algériens à la désobéissance ou à la dissidence civile, c’est-à-dire à l’insurrection ou la rébellion contre l’Etat. A ce propos, je trouve que le paroxysme de l’irresponsabilité a été atteint par cet intellectuel dont je ne citerai le nom pas mais qui se reconnaîtra facilement. Il a écrit dans un média algérien réputé de gauche qu’il approuvait ces appels clairement séditieux, voire même factieux. Il est à l’étranger où il a été recruté, dit-il, comme enseignant. Que l’Algérie brûle, il s’en moque car lui ne peut rien craindre, croit-il ! Si j’ai bonne mémoire, c’est ce même intellectuel qui a dénoncé, il y quelques années, l’ANP parce qu’elle pourchassait les terroristes. Il semblait, en outre, regretter que les intégristes et les fondamentalistes n’aient pas pris le pouvoir chez nous. Enfin, il est l’inventeur exclusif de ce sidérant oxymore : « la régression féconde .»
Il est clair que les Algériens et les Algériennes remplissant les conditions pour être électeurs veulent voter, parce qu’ils ne supportent plus de voir se développer dans notre société, la haine, la jalousie, la malhonnêteté, la xénophobie, l’intolérance, les divisions claniques, sectaires et religieuses, ces phénomènes toxiques appelés « passions tristes », par le philosophe néerlandais Spinoza. Notre pays est, en effet, à chaque jour qui passe, plus gravement abîmé politiquement, institutionnellement, économiquement, socialement et moralement. Cessons de perdre notre temps en polémiques oiseuses et chamailleries de mauvais aloi ! Agissons et réagissons pour réparer les dégâts provoqués par l’ancien régime. Refondons notre Etat, parvenu aujourd’hui dans une situation de délabrement avancé ! Reconstruisons notre économie ravagée par la mauvaise gestion et la prédation ! Faisons renaître l’espoir dans notre société et plus particulièrement dans la jeunesse qui nous observe, déçue et angoissée. Cessons de considérer la « harga » comme un délit justiciable des tribunaux correctionnels, mais admettons que chaque harrag est un signal d’alarme désespéré qui nous est destiné et un appel au secours d’un être humain en danger.

Le triste bilan d’une époque sans pareille
Rappelons-nous ! Il flottait sur notre pays, durant les deux dernières années du 4e mandat, qui fut assurément le mandat de trop, une lourde ambiance de fin de règne. Déstabilisée, l’Algérie se débattait dans de multiples périls et difficultés qui ont pour noms : l’instabilité institutionnelle, une dérive monarchiste flagrante, le favoritisme et le népotisme, la « totémisation » et la « tabouisation » de la fonction présidentielle, l’officialisation du culte dégradant de la personnalité, l’apparition d’une sorte « d’ iconolâtrie » avilissante et totalement étrangère à nos traditions religieuses ancestrales, une prédation débridée, une corruption généralisée, l’infiltration d’ imposteurs dans les cercles de décision et aux niveaux les plus hauts du pouvoir, les injustices et les impunités devenaient toujours plus scandaleuses, la faillite, momentanément retardée par le recours immodéré à la planche à billets, restait suspendue au-dessus de nos têtes tel le fameux glaive de Damoclès, le retour au crédit extérieur paraissait déjà être notre horizon indépassable, les injustices et les impunités étaient systématiques et plus flagrantes. Les manipulateurs, des beaux parleurs, des plaisantins, experts en escroqueries, tentaient, avec beaucoup d’aplomb, de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, comme par exemple faire accroire aux citoyens qu’on créait une industrie automobile alors qu’on ne faisait, dans une opacité absolue, que du montage de pièces automobiles fabriquées à l’étranger. Combien de fois nous a-t-on fait passer pour des projets indispensables au développement économique et social du pays des réalisations de prestige particulièrement dispendieuses ?
C’est au cours des vingt dernières années, il ne faut pas l’oublier, que le régionalisme a été revivifié et revigoré, plus archaïque que jamais, tribal, sectaire et sournoisement séparatiste, à la grande joie de quelques apprentis sorciers. Quand, en effet, y a-t-il eu un gouvernement provisoire en exil, formé de Berbères ou Amazighs, de nationalité algérienne ? Quand des Algériens ont-ils brandi dans les rues d’Algérie des banderoles conçues à l’étranger, par les militants et membres fondateurs de la fameuse « Académie Berbère », association de droit français installée à Paris ? Faut-il rappeler que cette association fut dissoute à la demande de l’Algérie et interdite pour cause d’activités attentatoires à la souveraineté de l’Algérie ?
C’est aussi durant ces vingt dernières années que la société algérienne, perdant le sens du juste milieu hérité de nos aïeux, s’est sensiblement éloignée des valeurs fondamentales qui maintenaient et renforçaient le tissu social, comme le civisme, la civilité et le respect de l’autre. Tirée à hue et à dia, d’un côté par des modernistes-laïcs qui prônent la permissivité, de l’autre, par les traditionalistes-religieux qui prêchent le rigorisme, la société algérienne s’est égarée dans des querelles « byzantines » et a éclaté en sectes, confréries, clans et ahzab, certes divisés mais néanmoins ouvertement hostiles à l’Etat en tant qu’il est garant de l’unité de la Nation et de l’intégrité du territoire.
Au plan politique, c’est encore durant cette période que le FLN, le RND ainsi que leurs satellites ont cessé d’eux-mêmes d’être des partis politiques pour se transformer en « comités de soutien » stipendiés, gavés de privilèges indus et maintenus en vie grâce à la pratique généreuse autant que corruptrice des quotas. Ils sont actuellement si peu crédibles que des voix autorisées s’élèvent pour réclamer leur mise à l’écart dans quelque magasin ou dépôt pour accessoires réformés. De leur côté, les partis dits islamistes — une kyrielle, soit dit en passant ! — dont il devient impossible de déterminer avec précision ni le nombre exact, ni les assises sociales de chacun d’eux, ni les éléments essentiels de leurs programmes politiques respectifs, ni de définir ce qui les différencie les uns des autres, ont réinventé en Algérie, terre d’Islam depuis le 8e siècle de l’ère chrétienne, un « cléricalisme » structuré et un « clergé » hiérarchisé. On ne les a, cependant, pas beaucoup entendus lorsqu’il fallait condamner l’iconolâtrie que des zélateurs incorrigibles pratiquaient ouvertement. Les soi-disant partis islamistes n’ont même pas protesté le jour où l’on a vu les plus hautes autorités de l’Etat réunies dans une mosquée pour célébrer la Nuit du destin, adorer pieusement un grand portrait du président de la République, déguisé en Touareg. Ce soir-là, les autorités algériennes ont fait d’une pierre deux coups : d’abord une minable faute de goût car le portrait n’avait rien d’artistique, ensuite une incroyable bidaâ ! De surcroît, ni le ministre des Affaires religieuses, ni le président du Conseil supérieur islamique, ni le président de l’Association des Oulémas, ni l’imam de la mosquée où cet étrange acte « d’adoration » a eu lieu n’ont élevé la moindre protestation. Rappelons aussi qu’on n’a entendu personne exprimer sa désapprobation, lorsque l’éphémère secrétaire général du FLN et président de l’APN, le frère Moad Bouchareb, a poussé la flagornerie courtisane jusqu’à comparer le président de la République à sayyidina Ibrahim El Khalil, dans un discours officiel prononcé à l’APN, réunie en plénière. Ce jour-là, si les murs et le plafond de l’APN s’étaient effondrés sur le « frère » Moad Bouchareb qui discourait et les représentants du peuple qui l’applaudissaient, personne n’en aurait été surpris ! Il est bien vrai que peu de temps auparavant, des députés de cette même législature avaient fracturé la porte du cabinet du président de l’APN et ont solidement fermé, à l’aide d’une chaîne et de cadenas, la porte d’accès de l’Assemblée nationale. Ces deux faits uniques dans les annales de notre Parlement étaient très significatifs de l’état de décrépitude dans lequel était tombé le pouvoir législatif en Algérie !
De leur côté, nos islamistes, fraîchement convertis à la politique, montraient, en toute occasion, qu’ils n’aspirent qu’à une chose qui peut être résumée par ces trois mots : s’accaparer du pouvoir politique. Pour ce faire, ils surfent, sans réserve ni pudeur, sur la ferveur des croyants et la bonne foi des braves gens. Mais c’est ignorer qu’aucune disposition, fût-elle constitutionnelle, ni aucune loi de réconciliation, fût-elle adoptée à une majorité écrasante, ni aucun référendum populaire où le oui aurait pu atteindre 99,99% des suffrages exprimés, n’effaceront de la mémoire collective des Algériens les horreurs commises au nom d’Allah et de son Prophète, par les islamistes durant la décennie noire. Les livres d’histoire mentionnent, aujourd’hui encore, les horribles boucheries commises par les fanatiques Qarmates aux Xe et XIe siècles, en Arabie et dans le Yémen. Les Qarmates sont les exacts semblables, du point de vue de la cruauté, des gens de l’AIS , du GIA,
Enfin, notons que s’il est exact que c’est grâce à l’ANP que le terrorisme a pu être jugulé, les pratiques superstitieuses et obscurantistes, qui sont les terreaux et les viviers de l’islamisme politique radical, ont, par contre, continué à prospérer durant les vingt dernières années. La civilisation islamique a produit des sommités scientifiques dans de multiples domaines, notamment dans les sciences médicales. En Europe, on parle encore de l’apport appréciable de Rhazès, d’Avicenne, d’Ibn Nafis,Ibn Tofail, Al Biruni et bien d’autres savants arabes au progrès aux sciences médicales. Mais en Algérie, où d’ailleurs un très haut responsable de l’enseignement supérieur a déclaré, sans être recadré par qui de droit, qu’il n’avait pas besoin de prix Nobel, on laisse faire et s’enrichir une multitude de médicastres, des chirurgiens-bouchers et des pharmaciens-empoisonneurs. La hijama et l’exorcisme sont de retour. On ne parle plus de recherche scientifique mais de miracles ! Nous nous sommes abandonnés à un profond mouvement de régression, qui nous emporte tout droit vers l’ignorance et l’obscurantisme. Tôt ou tard, il nous faudra en payer le prix.

Tergiversations et entraves
Or, pendant ce temps-là, alors que l’on devait hâter la rupture démocratique et inaugurer, le plus vite possible, l’ouverture d’une nouvelle période historique, on persiste, hélas, à tergiverser en palabres, et à redoubler de manœuvres politiques partisanes, de pétitions, de marches, de sit-in, de pièges et de traîtrises. Il est surprenant que d’honorables personnes, censées être perspicaces et pondérées, dépensent ce qui leur reste de force et d’énergie à tenter de freiner le changement en persistant à revendiquer une période dite de « transition démocratique » au cours de laquelle le pouvoir serait exercé par une sorte d’homme providentiel ou, à défaut, un collège de personnalités diverses, choisies – par qui, comment et sur la base de quels articles constitutionnels ? On ne sait pas ! - en raison de leur âge, de leur militantisme passé, ou de leur niveau d’études. Ceux qui continuent à faire de telles propositions, sont-ils à ce point aveuglés par leur parti-pris qu’ils ne voient pas que l’Algérie est aujourd’hui plus que jamais auparavant, gravement abîmée et que l’on n’est pas loin de devenir le pays de l’anarchie ? Les Algériens, gavés jusqu’à l’écœurement de Césars, de Satrapes, de Despotes, de Nababs et de Sultans, veulent maintenant voter pour un Président qui restaurera la République, instaurera l’Etat de droit et la démocratie. Ceux parmi les Algériens qui, pour des raisons qui demeurent obscures, ont décidé de ne pas voter, sont libres de s’abstenir. La règle de fer dans ce pays est que les citoyens, hommes et femmes, sont libres de voter ou de ne pas voter. Mais ceux qui se sont mis dans la tête de transformer ce pays en un « blad es-siba » doivent savoir que personne n’a le droit d’empêcher les électeurs légalement convoqués d’exercer leur droit de vote. Ce droit de vote, acquis après une longue lutte, est un droit constitutionnel légalement protégé.
La législation punit ceux qui s’y opposent ou tentent d’y faire obstacle ou d’entraver son exercice, soit par le bluff, par la menace, par l’intimidation, la violence, des harangues, s’exposent tous à des poursuites pénales. Si les faits sont commis par des personnes dépositaires de l’autorité publique, comme les présidents d’APC, leurs adjoints, les autres élus ou les fonctionnaires publics, les peines sont aggravées. Dans certains cas et s’agissant de certaines personnes, les peines prononcées par les tribunaux sont susceptibles de passer du simple au double. Les sanctions sont encore plus sévères contre tous les auteurs et leurs complices, quand les faits d’entrave sont commis avec des violences ou en groupes ou après concertation. Si tout le mode convient que la démocratie est le but poursuivi, chacun doit aussi admettre que le seul chemin qui y mène, c’est celui du suffrage universel, secret et pluraliste.

Exemple tunisien et exception algérienne
Qu’est-ce qui nous empêche de faire comme les Tunisiens qui, moins de 90 jours après la déclaration de la vacance de la fonction présidentielle, ont mené à son terme, grâce à l’Isie (la sœur jumelle de notre Anie) une révision des listes électorales, a enregistré une trentaine de dépôts de candidatures, a procédé au tri nécessaire puis arrêté la liste définitive des candidats, a organisé les campagnes électorales (il y en a eu trois, soit deux pour la présidentielle et une pour les législatives), fixé, équipé et encadré des milliers de bureaux de vote. Tout a été mis en place, normalement, dans le calme et dans un temps record. Suprême luxe et innovation démocratique de taille, l’Isie a organisé à la télévision tunisienne un débat public entre le challenger et son outsider.
Au deuxième tour, les Tunisiens ont élu, à une majorité confortable, leur nouveau Président. Les résultats n’ont pas été contestés, parce qu’il n’y avait pas matière à contestation. Ceux qui pensaient que les Tunisiens allaient, lors de ce scrutin, se déchirer entre eux et s’entretuer, ont reçu, en même temps que la claque politique qu’ils ont largement méritée, une magistrale leçon de démocratie. Notons, en plus, que les Tunisiens se sont permis cet autre tour de force louable d’élire, entre les deux tours de la présidentielle, un Parlement composé de 217 députés. Le gagnant de cette double élection, ce sont la Tunisie et les Tunisiens. Cette double élection est en soi une vraie révolution silmiya. C’est la seule révolution pacifique dans le monde arabe. Elle est, pour tous les peuples arabes et musulmans qui aspirent à la démocratie, la plus belle leçon de démocratie.
Chez nous, alors que le compte à rebours a commencé, des choses très étranges se passent. On fait feu de tous bois, pour que l’élection présidentielle n’ait pas lieu. On s’installe dans la crise politique. On ameute les foules. Comme dans les mauvais procès, où certains avocats procéduriers sollicitent des renvois sur renvois et soulèvent des exceptions préjudicielles sur des exceptions dilatoires, certains cherchent à retarder le règlement de la crise. D’aucuns ne craignent pas de prétendre, au nom de la démocratie et du principe constitutionnel selon lequel « la souveraineté appartient au peuple », que le peuple n’est ni en mesure ni en état de voter. Il y a chez ces individus-là un profond sentiment de nostalgie de la démocratie populaire et de l’idéologie socialiste. Ils se prétendent progressistes mais ils sont, dans leur for intérieur, des passéistes. C’est tout juste s’ils ne disent pas « c’était mieux avant ! » Il est étrange que l’Algérie reste le seul pays du Tiers-Monde où il existe, trente ans après la chute du mur de Berlin, de l’effondrement de l’URSS et de la disparition des démocraties populaires, un parti d’obédience trotskyste, représenté par un quota d’une quinzaine de députés à l’APN et peut-être aussi par une bonne dizaine de représentants dans certaines assemblées locales ? L’Algérie, une exception plus qu’un exemple !

Conclusion
L’Algérie meurtrie a failli, depuis février 2019, s’effondrer plus d’une fois et sombrer dans le chaos. Cela n’a pas eu lieu et nous nous en réjouissons. N’en déplaise à ceux qui ne partagent point ce point de vue, le mérite en revient, pour l’essentiel, au Haut Commandement militaire qui, en plus d’assurer ces deux missions constitutionnelles, en l’occurrence la défense de l’unité nationale et celle de l’intégrité du territoire national, a pris la décision républicaine de protéger l’Etat dans sa pérennité et son fonctionnement régulier. Il convient, en outre, à cette occasion, de souligner et saluer le loyalisme et l’esprit républicain des membres des services de sécurité qui veillent, contre vents et marées, au maintien de l’ordre public et à la sécurité des personnes et des biens. On ne saurait conclure cette contribution sans rendre hommage à nos concitoyens qui, dans leur immense majorité, expriment avec force leur aspiration à la démocratie et à l’Etat de droit, et refusent, avec courage, de céder aux chants des sirènes des anarchistes, des aventuriers et des pêcheurs en eaux troubles, qui manœuvrent en catimini pour les entraîner vers l’anarchie et, probablement, vers une sanglante guerre civile.
Z. S.

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