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Culture

Schiste et Mica de Mohamed Badaoui La poésie comme arme de survie

Publié par R.C
le 11.07.2018 , 11h00
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Tel un hymne à l'amour, un appel à la paix ou à  une résistance à la bêtise humaine, Schiste et Mica de l'écrivain Mohamed  Badaoui, paru aux éditions Hélium, interpelle les âmes pures, vides de  haine et de rancœur, en les emportant dans une symphonie de mots vers un  monde, hélas, vrai. 
L'auteur installe le lecteur, dès l'ouverture du livre, dans une  atmosphère inconfortable, oppressante, puis lui aménage des plages de joie et parfois d'humour dans un «parfait» désordre. Un désordre, gênant au début, mais vite apprivoisé pour devenir le  reflet, en toute fidélité, de la réalité de l'homme actuel, cette créature  parfois monstrueuse,  parfois angélique, perdue entre la raison, l'absurdité et les tentations. Les mots défilent et les idées pullulent dans un rythme qui suit la  cadence d'un cœur qui reste solide face à la trahison, au mensonge, au  faux, d'un cœur qui vomit  l'hypocrisie, la traîtrise et la laideur. 
Des mots, dont l'affolement rappelle celui des fourmis qui se suivent, se  poursuivent, se bousculent, se chamaillent, se griffent, se réconcilient,  avancent, reculent,  vibrent, courent dans tous les sens, décidées à ne pas s'arrêter ou marquer  une halte pour ne jamais s'effacer, preuve d'une lutte sans relâche contre  un silence qui aura  trop duré.   Schiste et Mica ne laisse pas indifférent. Il provient des abysses de  l'être et tente de s'arracher du sol pour fuir, suivant  un cercle vertueux,  les conventions et la  banalité. Les textes, accompagnés de toiles du plasticien Mehdi Bardi Djelil, dérangent parfois, apaisent souvent... Les images qui accompagnent le verbe, à première vue, semblent  effrayantes, parfois répugnantes même : des visages fragmentés, des corps de  forme mi-humaine mi-animale, visiblement en lutte contre un mal. Un mal intérieur ou  extérieur, peu importe, car la douleur et la souffrance en sont les  «évidentes» conséquences. 
En parcourant les pages et en plongeant de plus en plus dans le sens  profond des textes, l'impression ressentie au début change. Les personnages  imaginaires peints en acrylique, sur toile ou à l'encre et gesso noir sur  papier, dégagent plutôt une bonté naïve, voire grotesque, une gentillesse  abusée, une colère étouffée qui cède la place à une mélancolie. Le livre, dans son ensemble, évoque une vie que tout être humain digne,  intègre, honnête, sensible, fragile et sincère, a dû affronter, voire  subir. 
Toute personne qui se sent enfermée même dehors, seule au milieu d'une  foule, ou exilée sur sa propre terre, verra des reflets de son existence  dans ces textes  qui exhalent une forte sincérité. 
Mohamed Badaoui présente son nouveau livre comme «un magma où fusionnent  bruyamment pensées et sensations antithétiques. C'est une lave rougeoyante  d'où  montent indistinctement des cris de colère, de détresse, de dégoût, de  fierté, de joie, d'extase et de jubilation (...)», le lecteur lui donnera  sûrement raison. 

 

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