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Culture

FICA côté court L’Afrique mythique et ensanglantée

Publié par Sarah Haidar
le 06.12.2018 , 11h00
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Parmi les cinq courts-métrages programmés dans cette 9e édition du Festival international du cinéma d’Alger dédié au film engagé, histoire et actualité brûlante se sont invitées hier sur l’écran de la salle Ibn Zeydoun avec deux films venus du Burkina-Faso et de Tunisie. 
Born in a battle (Né dans une bataille) est signé par la réalisatrice suissesse d’origine tibétaine Yangzom Brauen qui traite du phénomène des enfants soldats en Afrique à travers un court-métrage percutant. Oneka est un garçon de douze ans, arraché à ses parents par une milice rebelle qui va le forcer à mener des exactions et à commettre des crimes atroces. Raconté par la voix off du personnage principal, Born in battle oscille entre l’onirisme et l’épouvante dans un incessant soliloque où s’alternent des images introspectives de l’enfant rêvant d’un monde paisible et rassurant, des souvenirs cauchemardesques des atrocités commises sous l’emprise des rebelles et la réalité de la guerre qui surgit brusquement et contraint le petit garçon à choisir entre la survie dans un monde sanguinaire et la libération dans la mort. Un film sombre, mélancolique et saisissant sur l’un des aspects les plus horrifiants de l’Histoire du continent. Loin de tout misérabilisme ou sensiblerie, Born in battle réussit à immerger le spectateur dans le cauchemar de certains pays africains et n’hésite pas à user d’une sémantique agressive sans pour autant verser dans la démonstration ou le discours direct. 
Pour sa part, le réalisateur tunisien Chakib-Taleb Bendiab propose avec son court-métrage Black Spirit une passionnante enquête sur les samouraïs africains, descendants de Yasuke, un ancien esclave qui fut offert au seigneur Hosokawa au château de Kumamoto (Japon) en mars 1650. Il créera ensuite un clan d’esclaves affranchis dont les descendants dénommés «Esprits noirs» (Kuro no Seishin en japonais) se seraient dispersés dans toute l’Afrique en maintenant le culte du secret pendant des siècles. Un archéologue français se passionnera pour leur Histoire et décide d’aller sur leur trace dans le désert tunisien. Oscillant entre mysticisme, quête existentielle et onirisme, ce périple sera à l’image de ces samouraïs légendaires : une expérience rêvée, dont on ne saura jamais si elle fut réelle, et qui confine à une quête acharnée du sens. Trois autres courts-métrages sont au menu de la 9e édition du Fica : Sans identité de la réalisatrice sahraouie Nayat Ahmed Abdessalam qui revient sur la lutte de ses concitoyens pour la reconquête de leur identité ; Champs de bataille de l’Algéro-américain Anouar Smaïn, un road-movie qui met en scène un vétéran de la guerre d’Irak et un chauffeur de taxi irakien vivant à Los Angeles ; et enfin Gauche droite du Tunisien Moutiî Dridi qui questionne la révulsion des trois religions monothéistes envers les gauchers…
S. H.  

 

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