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Culture

Edition Rachid Mokhtari publie La Guerre d'Algérie dans le roman français

Publié par R.C
le 20.02.2019 , 11h00
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Un essai appuyé sur une lecture critique d'une  centaine de romans d'auteurs français sur la guerre d'Algérie a été publié récemment par Rachid Mokhtari, sous le titre «La guerre d'Algérie  dans le roman français». L'ouvrage est édité en deux tomes, Esthétique du bourreau et Elégie  pour une terre perdue, par Chihab. 
Dans le premier tome, Esthétique du bourreau (461 pages), l'auteur — pour  qui le terme «guerre d'Algérie» renvoie à toute la période coloniale  (1830-1962) — s'intéresse d'abord aux écrits ayant accompagné la colonisation de l'Algérie, particulièrement à l'œuvre d'Eugène Fromentin,  artiste peintre et auteur d’Un été dans le Sahara (1857), et celle d’André Gide auteur de Les nourritures terrestres (1897).
Rachid Mokhtari compare ces deux ouvrages et croit déceler une volonté de  «poétiser la conquête», c'est-à-dire la colonisation de l'Algérie. 
Il souligne également le contraste entre deux grandes sagas de la  littérature française : Les chevaux du soleil publiée en six volumes par Jules Roy à partir de 1967 et la trilogie C'était notre terre (2008), Les vieux fous (2011) et Un faux pas dans la vie d'Emma Picard (2015) publiée par Mathieu Belezi, pour confronter des conceptions différentes  d'une de ce qu'il appelle «la fresque de l'Algérie pré-1954». Un autre chapitre est également dédié à «la victime en uniforme», l'image  littéraire du militaire français (engagé volontaire, parachutiste, appelé du contingent...) qui «se donne à lire dans sa misère de victime de  guerre». 
Dans le même ordre d'idées, l'universitaire s'intéresse à l'image  littéraire du parachutiste français, antithèse du soldat du contingent. Une  image passant du «spécialiste de la gégène» au «symbole de l'honneur de la nation» donnant naissance au «mythe du para», «une nébuleuse qui entrave le témoignage des victimes au profit des propos fantasques du bourreau».  
Le second tome de cet essai, Elégie pour une terre perdue (288 pages), se penche sur les écrits de pieds-noirs qui ont entamé des retours, réels ou imaginaires au «paradis perdu». Dans ces écrits, «la guerre s'efface  pour ne devenir qu'un écho», analyse l'auteur. Rachid Mokhtari évoque la «nostalgérie du pied-noir» et le traumatisme de  «l'exode de 1962» à travers Au pays de mes racines (1980) de Marie Cardinal, un roman qu'il qualifie d'«autoanalyse thérapeutique» où la  romancière revient «à la rencontre d'une nouvelle Algérie». Ce concept se décline de manière plus «nostalgique et inconsolable», comme  dans le «roman-complainte», Maman la blanche (1982) d’Alain Vircondelet,  écrit l'auteur.  Dans cette production d'écrivains pieds-noirs, l'universitaire signale les rares écrits évoquant la guerre et les horreurs dont les auteurs étaient les témoins directs et parfois impliqués eux-mêmes, à l'image de Jean-Noël Pancrazi et de Marie-Christine Saragosse. Rachid Mokhtari a également sélectionné deux autres groupes de romans, les  carnets de retour en Algérie et les récits de «retour généalogique» sur les  parcours intimes de familles pieds-noirs.  Universitaire, romancier et journaliste, Rachid Mokhtari a publié  plusieurs ouvrages consacrés à la littérature algérienne dont Tahar Djaout, un écrivain pérenne, Le nouveau souffle du roman algérien ou  encore La graphie de l'horreur. 

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