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Ce monde qui bouge

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Publié par Hassan Zerrouky
le 23.05.2019 , 11h00
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Premier constat. La date-butoir pour le dépôt des candidatures, le 20 mai, est passée. Et pas un candidat à l’horizon ? Si, il y en aurait 76. Qui sont-ils ? La plupart, excepté ces trois chefs de petits partis sans réelle assise militante, sont des inconnus. 
Deuxième constat. Trois mois de mobilisation ont montré ce dont les Algériens ne veulent pas. Ils l’ont tellement scandé que les oreilles de ceux qui sont au pouvoir en sifflent. Ils ne veulent pas voir la reconduction d’un système moribond. Ils veulent le changement, un Etat de droit garantissant les libertés, la démocratie et les droits fondamentaux, où chaque individu, groupe social ou institution étatique ou non, est soumis au respect du droit.  Est-ce trop demander ? 
Troisième constat. L’obstination du pouvoir à organiser l’élection présidentielle pour le 4 juillet alors qu’elle n’est plus d’actualité, a réveillé le FLN, le RND, le TAJ, le MPA et leurs relais syndicaux et patronaux. Bien que ces partis soient fragilisés à l’extrême depuis le 22 février, politiquement morts, les voilà qui s’accrochent désespérément à la vie en s’abritant derrière Gaïd Salah dont ils ont salué bruyamment le dernier discours. Quant aux électeurs potentiels, combien y en aura-t-il qui se rendront aux urnes le 4 juillet ? A méditer. 
Quatrième constat. Entre le pouvoir, dont deux membres – le Président Bensalah et le Premier ministre Bedoui — sont plus que transparents, et cette jeunesse majoritaire dans le mouvement populaire et dans le pays, il y a un problème plus politico-culturel que générationnel. Au sein de ce pouvoir, on continue de fonctionner sur le mode de la pensée unique, en s’entêtant à ne pas prendre acte que le 22 février a changé la donne. Et à ne pas voir que l’Algérie n’est plus dans la même configuration socio-politique qu’il y a quelques mois et qu’elle est traversée par une lame de fond démocratique. 
Cinquième constat. Le vrai complot, ce sont ces tentatives de manipulation et de dévoiement de cette lame de fond démocratique qui traverse le pays. Il en est ainsi de cette résurgence à contre-temps de clivages éculés entre arabophones et berbérophones. Ça n’a pas fonctionné. La raison ? La majorité de ceux qui sortent le vendredi n’ont pas connu les querelles politico-régionalistes et clanistes qui ont miné le pays en 1962 et qu’on ravivait à chaque fois que le régime se trouvait en difficulté. Ces clivages d’un temps ancien — c’était au siècle dernier — ne parlent pas aux jeunes d’aujourd’hui. Et pourtant, certains s’y sont essayés. Ils n’ont pas renoncé à casser le mouvement populaire. Semer les graines de la discorde parmi les Algériens fait partie de leur ADN réactionnaire. 
Sixième constat. En droite ligne de ce qui précède, en ce mois de Ramadhan dont Abderrezak Makri veut faire un « mois de djihad » – le terme de djihad étant utilisé par le chef du MSP comme « effort sur soi » mais en laissant malicieusement la porte ouverte à d’autres interprétations – les islamistes sont plus que jamais présents. La convocation du religieux en plein mois sacré par Makri et ses alliés, après avoir agité l’épouvantail berbériste, n’est pas innocente. Elle dévoile leurs vraies intentions. Car, et malgré leurs références formelles aux libertés, derrière leur main tendue aux « démocrates », s’abrite un projet d’islamisation rétrograde et anti-démocratique de la société auquel ils n’ont jamais renoncé. Et la médiatisation de Taleb Ibrahimi (87 ans, cinq de plus que Bouteflika), qui est loin d’être « un sage », participe de ce projet de dévoiement du Hirak à des fins réactionnaires.(1) 
Septième constat. Personne ne remet en cause l’armée qui reste, compte tenu des circonstances actuelles, un acteur clé, y compris dans la transition. Croire qu’elle se contentera de ses missions régaliennes et qu’elle retournera dans les casernes est une vue de l’esprit. Reste que le temps des cooptations est révolu et que l’on ne peut plus revenir à l’avant 22 février 2019. 

Premier constat. La date-butoir pour le dépôt des candidatures, le 20 mai, est passée. Et pas un candidat à l’horizon ? Si, il y en aurait 76. Qui sont-ils ? La plupart, excepté ces trois chefs de petits partis sans réelle assise militante, sont des inconnus. 
Deuxième constat. Trois mois de mobilisation ont montré ce dont les Algériens ne veulent pas. Ils l’ont tellement scandé que les oreilles de ceux qui sont au pouvoir en sifflent. Ils ne veulent pas voir la reconduction d’un système moribond. Ils veulent le changement, un Etat de droit garantissant les libertés, la démocratie et les droits fondamentaux, où chaque individu, groupe social ou institution étatique ou non, est soumis au respect du droit.  Est-ce trop demander ? 
Troisième constat. L’obstination du pouvoir à organiser l’élection présidentielle pour le 4 juillet alors qu’elle n’est plus d’actualité, a réveillé le FLN, le RND, le TAJ, le MPA et leurs relais syndicaux et patronaux. Bien que ces partis soient fragilisés à l’extrême depuis le 22 février, politiquement morts, les voilà qui s’accrochent désespérément à la vie en s’abritant derrière Gaïd Salah dont ils ont salué bruyamment le dernier discours. Quant aux électeurs potentiels, combien y en aura-t-il qui se rendront aux urnes le 4 juillet ? A méditer. 
Quatrième constat. Entre le pouvoir, dont deux membres – le Président Bensalah et le Premier ministre Bedoui — sont plus que transparents, et cette jeunesse majoritaire dans le mouvement populaire et dans le pays, il y a un problème plus politico-culturel que générationnel. Au sein de ce pouvoir, on continue de fonctionner sur le mode de la pensée unique, en s’entêtant à ne pas prendre acte que le 22 février a changé la donne. Et à ne pas voir que l’Algérie n’est plus dans la même configuration socio-politique qu’il y a quelques mois et qu’elle est traversée par une lame de fond démocratique. 
Cinquième constat. Le vrai complot, ce sont ces tentatives de manipulation et de dévoiement de cette lame de fond démocratique qui traverse le pays. Il en est ainsi de cette résurgence à contre-temps de clivages éculés entre arabophones et berbérophones. Ça n’a pas fonctionné. La raison ? La majorité de ceux qui sortent le vendredi n’ont pas connu les querelles politico-régionalistes et clanistes qui ont miné le pays en 1962 et qu’on ravivait à chaque fois que le régime se trouvait en difficulté. Ces clivages d’un temps ancien — c’était au siècle dernier — ne parlent pas aux jeunes d’aujourd’hui. Et pourtant, certains s’y sont essayés. Ils n’ont pas renoncé à casser le mouvement populaire. Semer les graines de la discorde parmi les Algériens fait partie de leur ADN réactionnaire. 
Sixième constat. En droite ligne de ce qui précède, en ce mois de Ramadhan dont Abderrezak Makri veut faire un « mois de djihad » – le terme de djihad étant utilisé par le chef du MSP comme « effort sur soi » mais en laissant malicieusement la porte ouverte à d’autres interprétations – les islamistes sont plus que jamais présents. La convocation du religieux en plein mois sacré par Makri et ses alliés, après avoir agité l’épouvantail berbériste, n’est pas innocente. Elle dévoile leurs vraies intentions. Car, et malgré leurs références formelles aux libertés, derrière leur main tendue aux « démocrates », s’abrite un projet d’islamisation rétrograde et anti-démocratique de la société auquel ils n’ont jamais renoncé. Et la médiatisation de Taleb Ibrahimi (87 ans, cinq de plus que Bouteflika), qui est loin d’être « un sage », participe de ce projet de dévoiement du Hirak à des fins réactionnaires.(1) 
Septième constat. Personne ne remet en cause l’armée qui reste, compte tenu des circonstances actuelles, un acteur clé, y compris dans la transition. Croire qu’elle se contentera de ses missions régaliennes et qu’elle retournera dans les casernes est une vue de l’esprit. Reste que le temps des cooptations est révolu et que l’on ne peut plus revenir à l’avant 22 février 2019. 
H. Z.

(1) Ses antécédents de ministre et de dirigeant du FLN entre 1965 et fin 1988 ne plaident pas en sa faveur. 

(1) Ses antécédents de ministre et de dirigeant du FLN entre 1965 et fin 1988 ne plaident pas en sa faveur. 

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